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Les noms des félins - petits félins

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Les félins, ou félidés (Felidae) constituent une grande et belle famille ayant toujours fasciné votre webmastrice, qui a de là voulu percer tous leurs mystères. L’un d’eux : d’où viennent et que signifient leurs noms ? C’est cette curiosité qui m’a amenée à étudier le latin, puis le grec ancien, et à aujourd’hui être diplômée en lettres classiques. Tout ça au départ pour avoir voulu saisir l’étymologie des noms des félins !

Partons maintenant à la découverte des résultats de cette enquête…

Partie 1 : Les grands félins

Partie 2 : Petits félins de grande taille

Partie 3 : Les petits félins

Chaton serval (3 mois), la Boissière du Doré - Tous droits réservés

Leopardus : les chats d’Amérique du Sud

Tous les chats sud-américains ont un point commun, qui a probablement influencé le choix de leur nom de genre : Leopardus, « léopard », et pour cause, ils sont tous tachetés ! L’ocelot est le plus célèbre du lot. 2 étymologies sont régulièrement proposées pour expliquer l’origine de son nom. La première est que le mot « ocelot » viendrait du latin ocellus, qui désignait à l’époque le motif en forme d’œil sur les ailes de certains papillons, reprit plus tard pour les taches semblables sur le pelage d’animaux comme la panthère, le jaguar ou l’ocelot : l’ocelle. La seconde hypothèse est toutefois la plus probable : le nom de l’ocelot viendrait du nahuatl (langue aztèque) ocelotl, qui signifie « jaguar ». Un jaguar qui se fait traiter de lynx, et un ocelot de jaguar…

Ocelot, la Flèche - Tous droits réservés

Passons à un parent plus petit de l’ocelot : le margay. Enfin un félin dont le nom dérive bien d’un terme qui lui était attribué dès l’origine ! « Margay » vient en effet du tupi marakaïa, qui désignait l’espèce, devenu le terme actuel par déformation en passant par des langues intermédiaires comme le portugais.

Margay, la Boissière du Doré - Tous droits réservés

Encore plus petit : l’oncille, ou chat-tigre. L’appellation de chat-tigre a été attribuée par le passé à la plupart des petits félins tachetés. Le serval l’a ainsi lui aussi un temps porté. Il ne persiste toutefois que chez cette espèce, peut-être en référence au nom scientifique de l’espèce, tigrinus se référent à un animal « qui a quelque chose du tigre ». Le terme d’oncille devient toutefois de plus en plus courant. L’étymologie de ce mot n’est pas claire, mais elle peut référer à un ocelot latinisé avec la particule diminutive –icula, souvent retranscrite enille en français, pour donc donner l’idée d’un petit ocelot.

Oncilles du Brésil, Parc des Félins - Tous droits réservés

Le chat des pampas, ou colocolo, a été découvert dans les pampas sud-américaines, d’où son nom le plus courant, bien que ça ne soit pas son principal habitat. Le terme colocolo a lui été employé par les espagnols pour désigner l’espèce, mais se réfère à l’origine en langue mapudungun à une créature à l’aspect félin de la mythologie des indiens Mapuche.

Par ZooPro — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14958444

Le chat de Geoffroy a ainsi été nommé en l’honneur du naturaliste français Etienne Geoffroy de Saint-Hilaire, qui s’est intéressé à cette espèce lors de sa découverte par l’Occident.

Chat de Geoffroy, Parc des Félins - Tous droits réservés

Son cousin de plus petite taille, le kodkod, ou guigna, tient lui simplement ses noms d’appellations pour l’espèce dans des dialectes locaux.

Par Mauro Tammone — http://calphotos.berkeley.edu/cgi/img_query?enlarge=0000+0000+0212+2554, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26102188

Quand au chat des Andes, il est tout simplement endémique aux Andes et tient son nom de cette chaîne de montagnes.

Copyrighted free use, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1038943

 

Leptailurus : le serval

Le serval, encore un félin si mal nommé, dont l’appellation ne lui était à l’origine pas destiné ! Les Anciens ne connaissaient pas vraiment le serval, ce qui explique qu’il n’ait pas de nom spécifique, contrairement aux autres félins d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, eux mieux connus dans l’Antiquité. Le serval existe alors en Afrique du Nord, mais il y est comme aujourd’hui rare, et est décrit comme un « caracal tacheté sans plumets » jusqu’au début du XVIIIème siècle ! C’est alors que le naturaliste français Buffon va entériner le terme de serval, par…une erreur ! Pour lui, le « chat-tigre d’Afrique » (« chat-tigre » étant à l’époque la désignation générale pour un petit félin tacheté) serait le même que celui d’Inde que les portugais nomment cerval. Cerval provient d’une déformation du latin cervarius, lui-même simplification de lupus cervarius : le loup-cervier, c'est-à-dire notre actuel lynx boréal. Il n’y a pourtant pas de lynx dans les régions chaudes d’Inde alors occupées par le Portugal ! Alors, quel est donc ce cerval indien, que Buffon assimile au « chat-tigre » africain ? Les portugais nommaient ainsi…le chat pêcheur ! Buffon a donc cru que le chat pêcheur d’Asie et le serval d’Afrique étaient une seule et même espèce, et a attribué le nom de cerval, à l’origine celui du lynx, au félin tacheté africain. En se faisant traiter de lynx, de chat pêcheur, c’est ainsi que le serval devint serval !

Serval, Refuge de l'Arche - Tous droits réservés

 

Caracal : le caracal et le chat doré d’Afrique

Le mot « caracal » nous vient du turc karakulak, qui signifie « oreille noire ». Le caracal présente en effet un pelage fauve à roux uni, à l’exception des oreilles, dont le revers est toujours noir. Moins courant aujourd’hui, mais fréquent par le passé, l’appellation de lynx du désert se rapporte à un des habitats du caracal, et celui dans lequel les premiers naturalistes occidentaux le connaissaient, les milieux arides comme le désert. Mais pourquoi « lynx » ? Bien que le caracal, on le sait aujourd’hui, n’ait aucun lien de parenté proche avec les lynx, son anatomie (haut sur pattes, queue courte, pinceaux de poil aux oreilles) l’a longtemps fait penser.

Caracal, Parc des Félins - Tous droits réservés

Le chat doré d’Afrique peut lui adopter des colorations plus variées, mais toujours avec un reflet doré auquel il doit son nom. Enfin, il ne se rencontre qu’en Afrique tropicale. Son nom scientifique, aurata, "de la couleur de l'or", vient lui du latin aurus, qui signifie "or".

By John Gerrard Keulemans - Proceedings of the Zoological Society of London 1873 (web), Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15707069

Pardofelis : le chat marbré et les chats dorés d’Asie

Le chat marbré a ainsi été nommé en référence à son pelage orné de marbrures. C’est le seul félin du genre Pardofelis au pelage toujours marqué, nom de genre actuel étonnant donc quand on sait que pardofelis signifie en latin « chat tacheté » !

Par Vogt, Karl Christoph, 1817-1895; Specht, Friedrich, 1839-1909; Chisholm, Geo. G. (George Goudie), 1850-1930 — The natural history of animals (class Mammalia-animals which suckle their young), in word and picture [1], Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8397117

Le chat de Temminck a été nommé ainsi en l’honneur du naturaliste néerlandais Conrad Jacob Temminck, qui a décrit le chat doré d’Afrique l’année où celui d’Asie l’a également été. Le terme de chat doré d’Asie fait tout simplement référence au continent d’origine de ce félin, l’Asie, et à la coloration du pelage roux-doré qui est la plus courante chez cette espèce.

Chat de Temminck, Parc des Félins - Tous droits réservés

Le chat bai tient lui aussi son nom de sa coloration de pelage la plus répandue, le bai étant une couleur d’un roux à marron relativement foncé. Le terme de chat de Bornéo, ou chat doré de Bornéo, fait lui référence à l’île de Bornéo, dont ce petit félin est endémique. 

Par Bay_cat_1_Jim_Sanderson.jpg: Jim Sandersonderivative work: Abujoy (talk) — Bay_cat_1_Jim_Sanderson.jpg, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9509953

 

Otocolobus : le manul

« Oreilles coupées », telle est la signification du nom de genre du manul, Otocolobus : approprié pour ce félin dont les oreilles dépassent à peine de son épais pelage ! Le nom de manul lui-même vient du mot mongol manuul, qui désigne ce chat. L’autre appellation de l’espèce, chat de Pallas, fait référence au naturaliste allemand Peter Simon Pallas, spécialiste de la faune russe.

Manul, Parc des Félins - Tous droits réservés

 

Prionailurus : les chats d’Asie du Sud

Prionailurus signifie en latin « avant le chat », et en effet  cette lignée est plus ancienne que celle du chat domestique. Les chats d’Asie du Sud ont tous en commun un pelage tacheté, et des noms qui réfèrent à leur physique ou à leurs habitudes. Ainsi le chat-léopard, ainsi nommé en référence à la ressemblance des motifs de son pelage avec ceux de la panthère, ou léopard. Ornée d’ocelles ou de taches pleines, la fourrure est toujours bien marquée. On l’appelle aussi chat du Bengale (et on retrouve bengalensis dans le nom scientifique) car on a d’abord connu l’espèce dans cette région d’Asie et elle y est toujours bien répandue.

Chat léopard, Refuge de l'Arche - Tous droits réservés

L’espèce suivante tient tous ses noms de son pelage gris-rouge, marqué de taches couleurs rouilles. Des noms vieillis seront ainsi chat rougeâtre ou chat tacheté de rouille, mais le plus courant aujourd’hui est celui de chat rubigineux. L’adjectif « rubigineux » vient du latin robiginosus (déformé en rubiginosus dans le nom scientifique), signifiant « rouillé/de la couleur de la rouille », du nom robigo, « la rouille ».

Chat rubigineux, Parc des Félins - Tous droits réservés

Nous avons vu précédemment que Buffon, par confusion, appelait cerval aussi bien le serval que le chat pêcheur. Heureusement le terme n’est pas resté, les deux noms vernaculaires actuels étant chat pêcheur et chat viverrin. On comprend bien pourquoi chat pêcheur quand on connaît les habitudes aquatiques et le goût pour le poisson de cette espèce. L’appellation de chat viverrin fait elle référence à la ressemblance physique de ce félin avec certains animaux de la famille des viverridés, comme la genette ou la civette, et on retrouve cet adjectif dans son nom scientifique, viverrinus.

Chat pêcheur, Refuge de l'Arche - Tous droits réservés

Enfin, le chat à tête plate, encore plus adapté à la nage, possède cette caractéristique physique d’un crâne au dessus plat, hydrodynamique, traduite littéralement dans son nom vernaculaire comme son nom scientifique.

Par Jim Sanderson — work of Jim Sanderson, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8638192

 

Felis : la lignée du chat domestique

Aviez-vous remarqué que dans aucune partie de cet article nous n’avons encore donné l’étymologie du mot « chat » ? Il était en effet plus judicieux, de l’avis de votre webmastrice, d’attendre de parler des félins pour lesquels ce mot a été inventé : le chat domestique et ses plus proches parents, les petits félins du genre Felis. Dans l’Antiquité, et encore aujourd’hui dans de nombreuses langues, le nom du chat est souvent inspiré de son cri. Force est de constater que son nom actuel n’a rien à voir. Alors, d’où vient « chat » ? La première hypothèse est qu’il vient de l’arabe qatt, ou qett, déformé dans les langues européennes. La racine indo-européenne kat- désigne un petit animal. On ignore si l’usage de cette racine pour notre compagnon félin s’est d’abord répandu chez les arabes ou chez les celtes, qui appelaient cattos (attesté en dialecte gaulois) le felis des romains, ailouros des grecs. L’un de ces termes, si ce n’est les deux, a donné le bas-latin cattus, dont vient directement notre actuel mot « chat ».

Joséphine, chat domestique, mascotte du site

Des quatre espèces du genre Felis, celle que les Anciens connaissaient le mieux était assurément le chat sauvage (Felis silvestris), dont descend notre chat domestique. Ce nom est assez ambigu, presque tous les petits félins étant couramment appelés « chats sauvages ». On désigne le plus souvent le chat sauvage par ses sous-espèces, mais là encore on retrouve un beau bazar ! Il n’y a guère que leurs désignations géographiques qui sont totalement claires, et encore ! Nous commencerons par le chat sauvage d’Europe. Il doit à ses habitudes forestières ses noms vernaculaires les plus courants : chat forestier et chat sylvestre, ainsi que son nom scientifique silvestris (du latin silva, « forêt »). On commence à s’emmêler les pinceaux avec la sous-espèce lybica, le chat sauvage d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Notons que lybica désigne un animal venant de la Lybie, qui n’était pas pour les Anciens juste un pays, mais l’appellation générale de l’Afrique du Nord. On l’appelle souvent chat ganté, en référence à ses pattes qui ont toujours le dessous noir. Quelques anciennes dénominations de populations aujourd’hui classées comme appartenant à cette sous-espèce ont gardé leur ancien nom géographique ou référé à leur découvreur, comme le « chat de Gordoni » présent dans les zoos européens, en réalité un simple lybica du Moyen-Orient. La sous-espèce sud-africaine, cafra (possiblement de « cafre », terme vieilli désignant les habitants d’Afrique noire), est ordinairement dénommée de la même manière son congénère nord-africain. Assez rare mais parfois usitée, le nom de chat sauvage d’Eurasie désigne autant les sous-espèces silvestris que lybica, mais bizarrement apparemment pas celles d’Asie. Le chat sauvage d’Asie doit ses noms vernaculaire et scientifique à son pelage : ornata, le chat orné, car il a une fourrure marquée de taches rondes foncées, les motifs les plus nets de tous les chats sauvages. Autre sous-espèce asiatique, bieti, le chat de Biet, a été ainsi nommée en l’honneur du missionnaire et naturaliste français Félix Biet, qui a étudié la faune de Chine, pays d’où vient ce félin. L’autre nom vernaculaire de chat de Mongolie est donc inadéquat.

By Leonemanuel - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=44870726

Le chat des marais tient ce nom vernaculaire, le plus courant pour lui, de son milieu de prédilection. De plus, les Anciens le connaissaient surtout grâce à la population des marais du Nil. Son autre nom courant, et scientifique, de chaus vient lui d’un dialecte local pour désigner l’espèce. Plus rare, l’appellation de chat de jungle est inadéquate car on ne rencontre pas cette espèce dans les forêts denses.

Chat des marais (dont phénotype noir), Parc des Félins - Tous droits réservés

On devine aisément que le nom du chat des sables, ou chat du désert, provient de son habitat aride. Plus rare et vieilli, le terme de chat de Margueritte, et le nom scientifique margarita, font référence à un général en hommage auquel on a nommé l’espèce.

Chat des sables, Parc des Félins - Tous droits réservés

L’origine du nom du chat à pieds noirs (littéralement nigripes dans le nom scientifique), ou chat à pattes noires, est elle aussi limpide : cette espèce sud-africaine se caractérise par des pattes au dessous noir très marqué.

Par Ltshears — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17338325

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