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Les lions blancs du Timbavati

Comparé à d’autres félins ( tigre, panthère, guépard,… ), on connait assez peu de mutations du pelage chez le lion. La plus connue est certainement le blanc. Les lions blancs ont un pelage allant d’un fauve-crème au vrai blanc. Leur mutation est la même que celle des tigres blancs, le leucistisme, ou leucisme, mais contrairement à ces derniers, ils n’ont pas toujours les yeux bleus : généralement gris-bleu ou gris-vert, leur regard peut en fait varier du brun au bleu en passant par toutes les nuances intermédiaires. Ils appartiennent à la sous-espèce du lion du Transvaal, Panthera leo krugeri, que l’on rencontre dans le Sud du continent africain.

La tradition orale remonte l’apparition des lions blancs dans le Timbavati à au moins 400 ans. Pour les habitants de la région, ces félins au pelage atypique sont sacrés, considérés comme les enfants du dieu Soleil et les réincarnations des grands chefs. Pendant longtemps, on a cru à une superstition, mais en 1928 a lieu le premier témoignage avéré. Un européen verra pour la première fois un lion blanc dans le Timbavati au début des années 1940. Deux lionceaux sont repérés dans le parc Kruger en mars 1959, mais ne seront jamais revus, sans doute tués par des prédateurs. Idem en 1960.

"Whitelioncub" by EA210269 (talk) - Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Whitelioncub.jpg#/media/File:Whitelioncub.jpg

Chris McBride, dans son livre The White Lions of Timbavati, raconte l’histoire des premiers de ces félins à avoir vécu en captivité. Tout commence en 1975, lorsqu’une portée de 3 lionceaux est observée dans la réserve du Timbavati, adjacente au parc Kruger : 2 des lionceaux, le mâle Temba et la femelle Tombi, sont blancs, et leur frère fauve Vela s’avérera porteur du gène récessif. En 1976, une lionne blanche, appelée Phuma, est repérée dans la même région. Phuma sera tuée par un chasseur à l’âge de 2 ans. Après sa mort, on décide de capturer Temba, Tombi et Vela pour les protéger et ils sont confiés au zoo de Pretoria, en Afrique du Sud. Tombi aura un unique petit, blanc, en 1981, mais il ne survivra pas. On n’est pas certain du destin de Vela, qui fut vendu. Quant à Temba, il a fondé la première lignée de lions blancs captifs.

"FranceNormandieJurquesZooLionsBlancs" by Ikmo-ned - Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:FranceNormandieJurquesZooLionsBlancs.jpg#/media/File:FranceNormandieJurquesZooLionsBlancs.jpg

Mais contrairement aux tigres blancs, qui ont tous un unique ancêtre, les lions blancs captifs sont actuellement moins consanguins, car issus de plusieurs lignées. La première fut celle fondée par Temba, et peut être son frère fauve Vela, à Pretoria, qui existe toujours en Afrique du Sud et en Europe. La seconde est celle du zoo de Johannesburg, peut être la plus prolifique, dont on retrouve aujourd’hui des descendants en Amérique du Nord, en Europe, en Chine et au Japon. En 1977, le zoo de Johannesburg récupère un mâle fauve blessé et le soigne. Il avait un frère blanc, lui resté dans la nature, et on décida donc de le reproduire car il devait être porteur du gène récessif. Il fut accouplé à une femelle fauve non porteuse du gène, puis à une de ses filles. De là naquit en 1982 le premier félin blanc de la lignée, une femelle nommée Bella. Cette lionne fut elle-même mère de plusieurs petits blancs.

 Plusieurs lionceaux blancs furent observés en 1979 dans le parc Kruger et 3 d’entre eux capturés. La dernière lignée de lions blancs captifs descend de Thandile, femelle blanche aux yeux bleus née dans la savane entourant Johannesburg, trouvé abandonné en 1999. Dans la nature, on n’a plus vu de lions blancs durant des années, tous abattus ou capturés. Le dernier spécimen adulte observé au XXème siècle fut une lionne blanche du Timbavati, malheureusement tuée dans un combat territorial en 1993.

 

Depuis 2007, les lions blancs sont de retour dans le Timbavati. Linda Tucker, fondatrice du Global White Lion Protection Trust, et son équipe ont en effet décidé de réintroduire des lions blancs dans la nature. Tout a débuté avec Marah, lionne blanche sauvée d’une ferme d’élevage où les félins étaient destinés à la chasse en boîte. Les lions blancs sont très appréciés par les chasseurs de trophées, et l’un des principaux combats de Linda Tucker est de faire interdire cette pratique. Marah et ses 3 lionceaux alors adolescents, les 2 mâles Letaba et Regeus et la femelle Zhira, ont été progressivement réhabitués à la vie sauvage. Le succès de l’opération a montré que des lions blancs, malgré leur pelage plus visible que celui des lions fauves, étaient capables d’avoir un taux de succès aussi élevé à la chasse. Après le décès accidentel de Marah lors d’une chasse en 2007, ses lionceaux sont séparés. Letaba et Regeus fondent une troupe avec deux lionnes fauves, et leur sœur Zhira aura 3 petits avec un mâle blanc lui aussi sauvé d’une ferme d’élevage, Mandla. Le patrimoine génétique de tous ces félins a été étudié afin de s’assurer qu’aucun lion consanguin ne fasse partie du programme. Les 9 individus, dont 7 blancs, sont tous définitivement relâchés en 2009, avec succès.

Après une décennie sans naissance attestée de lions blancs dans la nature, voient le jour en mai 2009 deux sœurs dans la réserve de Klaserie, adjacente à la réserve de Timbavati et au parc Kruger. Les deux femelles, nommées Incani et Shinga, ont contre toute attente atteint l’âge adulte, malgré les difficultés auxquelles leur troupe a été confrontée : départ du mâle dominant, laissant les deux lionnes adultes seules avec leurs petits, prédateurs qui auraient pou les repérer plus facilement avec leur pelage blanc, de même que les proies qu’elles devaient apprendre à chasser.

Une autre troupe de lions de la même réserve compte aujourd’hui une femelle adulte de couleur blanche. Et même si, comme 80% des lionceaux, quelle que soit leur couleur, les petits blancs nés en 2011 et 2012 n’ont pas survécu bien longtemps, leur naissance et les précédente prouvent que le gène à l’origine de leur pelage atypique est toujours bien présent dans la population sauvage. Il naît régulièrement des  lionceaux blancs dans la nature, et il n’est pas exclu que d’autres, bientôt, comme Incani et Shinga, atteignent l’âge adulte et transmettent leur couleur à leurs descendants. D'ailleurs, en 2014, l'une de ces deux soeurs a donné naissance à ses premiers petits : ils étaient tous blancs, nés d'un père fauve et d'une mère blanche. Ce sont les tous premiers lionceaux blancs nés d'un parent blanc observés dans la nature. En 2015 vivraient désormais à l'état sauvage 13 lions blancs : les 7 réintroduits par le Global White Lion Protection Trust, et les autres nés sauvages. Le gène est donc encore bien présent, et si l'homme les laissent tranquilles, les lions blancs parcoureront encore longtemps les savanes sud-africaines.

"Kruger Cub" by Wilfred Klein - Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Kruger_Cub.jpg#/media/File:Kruger_Cub.jpg

Commentaires (1)

1. laurine 11/04/2016

c bien mais le problème c'est qu'il y a trop de texte

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