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Félins noirs

Merci à tous les participants du défi " Félins noirs " sur le groupe Facebook Un Monde de Félins, dont les photos illustrent cet article !

Reproduction des photos interdite, tous droits réservés à leurs auteurs

 

Le pelage noir est très répandu chez les félins. Il a été officiellement recensé chez pas moins de 19 des 36 espèces de la famille ! Et il est soupçonné mais reste encore à prouver chez 3 autres. Ces fauves au pelage d’ébène nous fascinent. Mais d’où viennent-ils exactement ?

Les félins noirs sont atteints d’une mutation appelée mélanisme. Cette mutation cause un excès de mélanine, un pigment foncé, dans la peau et les poils, ce qui a pour effet de rendre l’animal entièrement noir. Il existe différents gènes à l’origine du mélanisme chez les félins. L’effet reste le même, une coloration foncée du pelage, mais il existe des variantes. Ainsi le jaguarondi mélanique, qui avec son poil bicolore est en réalité brun foncé, le chat de Temminck noir qui peut conserver une queue au dessous blanc, les chats domestiques  noirs qui présentent régulièrement un médaillon blanc, ou le chaus noir qui peut avoir l’extrémité du poil argentée.

 

Ces différences viennent du fait que le gène a évolué entre 4 et 9 fois, de façon distincte, au sein de la famille des félins. De plus, cette différence de gène fait que si chez la plupart des espèces le mélanisme est récessif ( le gène doit provenir des 2 parents ), il est dominant chez certaines : jaguar et chaus. Le mélanisme est donc une mutation du pelage, une simple variante. On peut d’ailleurs trouver au sein d’une même portée des petits mélaniques et à la coloration normale.

 

Le félin mélanique le plus connu est bien sûr la panthère noire. On rencontre la mutation chez au moins 6 des 10 sous-espèces encore existantes. Elle est surtout répandue chez les panthères du Sud de l’Asie. Les panthères noires seraient même plus nombreuses que les panthères tachetées chez les sous-espèces d’Indochine et de Java ! Cette couleur se rencontre aussi régulièrement chez les panthères indiennes. Un pelage foncé avantage en effet ces sous-espèces vivant dans un milieu forestier. Chez les autres sous-espèces asiatiques on rencontre beaucoup moins le mélanisme. Il est existant mais rare chez la panthère du Sri Lanka, et on ne connaît qu’un seul cas de panthère de l’Amour noire. La mutation n’est pas recensée chez les autres sous-espèces d’Asie. En Afrique, les spécimens noirs apparaissent régulièrement dans la vallée du Rift, et son rares sur le reste du continent.

 

Les jaguars noirs sont également relativement répandus, car on estime qu’ils constituent en effet environ 6% de la population sauvage de l’espèce. Là aussi, ils sont avantagés en milieu forestier. Chez le jaguar, contrairement à la plupart des félins, le gène du mélanisme est dominant sur celui du pelage normal. Si l'un des parents est noir, même si l'autre n'est pas porteur de la mutation, les petits pourront être noirs. Mais 2 jaguars de couleur normale n'auront normalement pas de petits noirs. Un jaguar noir porteur des 2 copies du gène responsable de la mutation sera d'un noir soutenu, et porteur d'une seule copie il sera d'un noir virant au gris sombre, charbonneux.

 

On ne connaît pas de cas avéré de mélanisme chez d’autres grands félins. On a parlé de lions noirs, mais il s’agit plus probablement de félins observés en contre-jour au crépuscule, donnant l’impression d’un animal au pelage sombre. Quant aux tigres noirs, il semble qu’il en est existé, mais les seuls spécimens observés n’étaient pas mélaniques, ni d’ailleurs totalement noirs. Ils possédaient des rayures élargis donnant une tonalité plus foncés à leur pelage. Il s’agit donc en réalité de tigres pseudo-mélaniques. Un véritable tigre mélanique aurait été tué en 1772 en Inde, et une peinture en a été faite, mais celle-ci n’est pas parvenue jusqu’à nous, seulement sa description : celle d’un tigre complètement noir, avec des rayures apparaissant sous une certaine lumière.

 

Chez le puma le mélanisme reste également à prouver. On sait que le pelage du puma peut grandement varier en couleur, et on connait des spécimens gris ou brun foncé, mais aucun véritablement noir n’a été officiellement recensé. Un puma noir aperçu aux Etats-Unis en 2007 s’est avéré être une panthère noire échappée de chez son propriétaire, et les 2 « pumas noirs » présentés au zoo de Londres à la fin du XVIIIème siècle étaient sans doute aussi des panthères. Toutefois, des populations isolées de pumas semblent évoluer vers un possible mélanisme. Des individus très foncés ont en effet été reportés ces dernières années dans le Sud des Etats-Unis et au Costa Rica, et un puma atteint de mélanisme partiel a été abattus en 2007 dans le Michigan.

 

Au moins 2 cas de guépards noirs sont recensés, au début du XXème siècle, au Kenya et en Zambie. Toujours en Afrique, on a recensé des caracals mélaniques en Ouganda et en Afrique du Sud,  les servals noirs sont relativement répandus dans la vallée du Rift, à l’Est du continent et on a aussi vu des chats dorés africains noirs. En Europe, des invidus noirs sont apparus au sein d’une population isolée de lynx pardelles au Portugal, mais cette population n’existe plus aujourd’hui. Le mélanisme existe aussi chez les sous-espèces africaine et européenne du chat sauvage, et bien entendu chez le chat domestique, descendant du chat sauvage africain.

 

En Asie, on observe depuis longtemps des panthères nébuleuses noires sur l’île de Bornéo, et une a même été photographiée en 2011. Des clichés de chats de Temminck et chats marbrés noirs sont régulièrement pris par des pièges photographiques. En Amérique du Nord, on croise régulièrement des bobcats noirs au Sud des Etats-Unis, en Floride.

 

Mais c’est en Amérique du Sud que le mélanisme semble concerner le plus d’espèces. Si les pumas noirs existent bien, margay et chat des Andes seraient les seules espèces de félins sud-américaines à ne pas connaître le mélanisme. Rare chez l’ocelot, assez peu observé chez le colocolo, il est en revanche assez répandu chez d’autres petits félins d’Amérique du Sud. Certaines populations de chats de Geoffroy et de kodkods présenteraient même une majorité d’individus noirs, et on estime que près d’une oncille sur 5 est mélanique. Quant au jaguarondi, la forme foncée de l’espèce semble progressivement supplanter la forme rousse d’origine.

 

Les félins noirs attisent l’imagination des hommes. Ils fascinent par leur différence. Sans doute leur pelage d’ébène les rend-t-ils plus impressionnants aux yeux de ceux qui les voient. Les panthères noires ont ainsi longtemps eu la réputation d’être plus féroces que leurs congénères tachetées. Les mystérieux grands félins aperçus partout dans le monde sont généralement noirs. Quant au chat noir, il occupe une place importante dans les superstitions. Dans l’Antiquité, la bienfaisante déesse égyptienne Bastet s’incarnait sous la forme d’une chatte noire. Pour les celtes et les japonais, le chat noir est également signe de chance. Dans l’Europe du Moyen-Age, au contraire, il est vu comme le compagnon des sorcières et apporte le malheur. Mais qu’en est-il réellement. Et bien, c’est un chat, juste un chat. Seule sa couleur le distingue des autres !

Commentaires (1)

1. Béatrice Popkoff 31/10/2015

J'adore cette rubrique ou figure mon trésor Bagheera et ma chouchoute du parc des félins Enéa..Bravo pour le site il est complet et intéressant..

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