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Les problèmes des félins hybrides

Merci à ma co-administratrice Gaëlle Denis pour ses photos de ligres d'un cirque. Ces photos et celles de votre webmastrice : tous droits réservés. Autres Wikimedia Commons

Les problèmes des félins hybrides

 

Les premiers félins hybrides créés par l’homme recensés sont nés au début du 19ème siècle. L’exotisme de ces grands félins inexistants dans la nature attirait les foules. De nombreux tests de croisements ont été effectués en particulier au cours du 20ème siècle, avec plus ou moins de résultats. Aujourd’hui encore, certains zoos ou cirques élèvent des hybrides de grands félins. Depuis les années 1960 est aussi apparue la mode, qui rencontre de plus en plus de succès, des races hybrides, issues du croisement du chat domestique avec diverses espèces de petits félins sauvages.

Les hybrides restent populaires, mais leur élevage suscite toutefois à ce jour de plus en plus de questions d’éthique.

Qui sont-ils ? Quels sont les problèmes liés à leur élevage ?

« NSK-ZOO-liger » par Алексей Шилин — Travail personnel. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:NSK-ZOO-liger.jpg#/media/File:NSK-ZOO-liger.jpg

 

Qu’est ce qu’un félin hybride ?

Il existe 2 sortes de félins hybrides : les hybrides entre sous-espèces, et les hybrides entre espèces.

Le terme d’hybride peut d’abord désigner un félin d’une espèce donnée, mais qui n’est pas de sous-espèce pure. Ils naissent quand en captivité des sous-espèces différentes, qui ne se rencontreraient pas à l’état sauvage car leurs répartitions géographiques sont différentes, sont mises ensembles en captivité et se reproduisent. Ces félins n’étant pas purs, ils ne peuvent pas être utilisés dans les programmes d’élevage, ni réintroduits dans la nature, car ils dégénèreraient le patrimoine génétique de la population pure. Quand les sous-espèces d’origine ne sont plus identifiables, on peut parler de félin générique.

Léopard " générique ", Refuge de l'Arche - Tous droits réservés

La majorité des lions et tigres en captivité sont des hybrides : entre différentes sous-espèces de lions d’Afrique pour le lion, et chez le tigre le plus souvent Bengale x Sibérie. On rencontre également quelques hybrides Bengale x Sumatra ou Sibérie x Sumatra. Deux hybrides Malaisie x Bengale sont aussi nées en France en 2013. La proportion d’hybridation entre sous-espèces des tigres captifs est telle qu’en Europe il n’existe aucun tigre du Bengale pur, et que de nombreux tigres dits de Sibérie ont en réalité du sang de tigre du Bengale ou de Sumatra. Les tigres blancs et dorés hors d’Asie sont eux tous des hybrides Sibérie x Bengale.

Jeune tigresse hybride Malaisie x Bengale, Mervent - Tous droits réservés

Les hybrides entre espèces différentes sont moins répandus. Il s’agit là de faire s’accoupler des félins bien distincts les uns des autres, dont l’évolution a souvent fait diverger les lignées il y a des millions d’années. Ces animaux ne se croisent jamais entre elles à l’état sauvage, soit parce qu’ils sont ennemis naturels, soit parce qu’ils ont des aires de répartitions totalement différentes. Afin d’obtenir des hybrides, on va élever ensemble dès leur plus jeune âge les futurs parents, de manière à ce qu’ils croient être de la même espèce, et devenus adultes s’accouplent. Il faut savoir que même ainsi, l’instinct peut reprendre le dessus et l’un des « partenaires » tuer l’autre… C’est particulièrement le cas dans les tentatives d’obtention d’hybrides domestiques, où la chatte domestique se fait souvent attaquer, voire tuer et même parfois dévorer, par le mâle d’espèce sauvage avec lequel on voudrait qu’elle ai des petits hybrides.

Ligre, cirque - Tous droits réservés

Il existe également des hybrides de deuxième génération, même troisième, quatrième, et ainsi de suite. Cette possibilité tient à une particularité des félins : alors que la quasi totalité des animaux hybrides sont normalement stériles, dès la première génération la majorité des félins hybrides femelles sont fertiles. On peut donc les croiser soit avec une des deux espèces parentes ( exemple du li-ligre, lion x femelle ligre, et du ti-ligre, tigre x femelle ligre, le ligre étant issu du croisement lion x tigresse ), soit avec une troisième espèce ( exemple du lijagulep, lion x jagulep, le jagulep venant du croisement jaguar x léopard ). C’est aussi ce qui a permis de créer des races hybrides de chats domestiques, avec plus ou moins de sang de petits félins sauvages.

« Taliger at G.W. Park » par Fight4animalrights — Visit to GW ZOO. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Taliger_at_G.W._Park.jpg#/media/File:Taliger_at_G.W._Park.jpg

 

Le mythe de la vigueur hybride

Le principe de la vigueur hybride consiste à dire que l’hybridation donne un animal « amélioré », plus grand, plus résistant et plus fort que ses parents. Les tenants de cette thèse concernant les félins donnent souvent l’exemple du ligre, le plus courant des félins hybrides : plus grands et plus massif que ses parents. Le plus grand ligre pesé, un animal né en 2002 aux Etats-Unis et nommé Hercules, fait 3 mètres 33 de long pour un poids de 418 kg, sans être obèse pour autant. Il n’est toutefois pas le plus long, le record étant de 3 mètres 60. Par comparaison, le plus grand félin « pur » jamais pesé et mesuré, un mâle tigre de Sibérie, faisait lui 3 mètres 48 pour 384 kg, mais le poids moyen d’un tigre de Sibérie dépasse rarement 250 kg, tandis que celui du ligre est supérieur à 300 kg ( moyenne de 320 kg pour une femelle. Les mâles sont plus lourds ). Côté longévité, des ligres ont déjà vécu plus de 20 ans, avec un record de 24 ans. D’autres hybrides ont vécu vieux, comme un léopon ( léopard x lionne ) né au Japon en 1962 et mort à 23 ans. Les chats hybrides ont eux la même longévité que des chats domestiques ordinaires, mais sont souvent plus vifs et plus actifs.

« Liger's portrait » par Ali West from USA — Liger. Sous licence CC BY 2.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Liger%27s_portrait.jpg#/media/File:Liger%27s_portrait.jpg

 

En réalité, des problèmes dès la naissance

Ces cas de vieux hybrides ne doivent pas faire oublier toutefois que pour un individu qui devient adulte et atteint cet âge, plusieurs sont morts jeunes. Certains croisements ne fonctionnent tout simplement pas : entre tigre et léopard, par exemple, de nombreuses tentatives ont résulté en seulement un petit vivant recensé, et qui trop faible a été abandonné par sa mère et élevé à la main ; toutes les autres en fausses couches. Idem pour le pumapard, croisement de puma et de léopard : on connaît beaucoup de mort-nés, mais un seul parvenu à l’âge adulte. Pour le lipard ( lion x femelle léopard ), 2 seulement ont survécu, et un seulement car on l’a pris à sa mère qui avait tenté de le tuer, car sans doute elle le jugeait trop faible. Même les croisements entre lions et tigres ( ligres et tigrons ), entre jaguars et panthères ( jaguleps et lepjags ) et les léopons, hybrides pour lesquels on a pu obtenir pas mal d’adultes, le pourcentage de naissances prématurées et de bébés mort-nés reste important.

« Pumapard-1904 » par http://members.aol.com/jshartwell/hybrid-bigcats2.html. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pumapard-1904.jpg#/media/File:Pumapard-1904.jpg

Si on n’a pas spécialement cherché les causes des « ratés » dans l’hybridation de ces grands félins, on a plus cherché et compris du côté des hybrides de chats domestiques, de part la volonté de créer de nouvelles races viables à partir de ces croisements. Le problème ne se limite pas aux attaques des mâles sauvages sur les femelles domestiques, ni à la différence de taille ( le chat domestique est plus petit que la plupart des chats sauvages. Difficile déjà par avance d’accoupler une chatte domestique de 3-4 kg en moyenne pour 75-80 cm à un mâle serval qui fait lui en moyenne 15 à 20 kg pour 1 mètre 50 ). En dehors du genre Felis, et la majorité des hybridations sont dans ce cas, le chat domestique et l’espèce sauvage avec laquelle on le croise n’ont pas le même nombre de chromosomes, ni la même durée de gestation ( plus courte chez le chat domestique ). Il en résulte un fort pourcentage de chatons mort-nés, des naissances prématurées quasi systématiques pour les hybrides domestiques des premières générations, et un manque de lait chez la mère qui oblige a élever au biberon les jeunes hybrides, là dans la majeure partie des cas de croisements, d’espèces sauvages ou domestiques.

« Savannah Cat closeup » par Jason Douglas — By uploader. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Savannah_Cat_closeup.jpg#/media/File:Savannah_Cat_closeup.jpg

 

Croissance anormale et santé fragile

Un phénomène étrange existe chez les félins hybrides : beaucoup montrent une tendance à être plus petits que leurs parents, tandis que beaucoup d’hybrides domestiques sont grands, et les ligres eux de véritables géants. Pour les hybrides domestiques tels que le savannah ou le chausie, la taille se comprend aisément : le parent sauvage est plus grand qu’un chat domestique, et l’hybride sera généralement d’une taille intermédiaire. La taille peut varier selon le pourcentage de sang sauvage : plus celui-ci sera important, plus le chat hybride sera grand.

« Kissing Savannahs » par Leekimbud — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Kissing_Savannahs.jpg#/media/File:Kissing_Savannahs.jpg

Plus étonnant est la tendance à la petite taille, et même au nanisme, chez beaucoup d’hybrides de grands félins : léopon, tigron, pumapard… Ils ne dépassent pas la taille du plus petit de leurs deux parents, voire même mesurent encore moins. L’unique pumapard devenu adulte était ainsi un véritable nain : alors que ses parents, puma et léopard, sont tous deux d’une taille semblable, le pumapard n’a atteint que la moitié de celle-ci !

« Pumapard-face » par Messybeast sur Wikipedia anglais. Sous licence CC BY 2.5 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pumapard-face.jpg#/media/File:Pumapard-face.jpg

Cela vient fort probablement d’une question de gènes inhibiteurs de croissance. Chez les espèces où la femelle s’accouple généralement avec plusieurs mâles, comme le lion, le mâle transmet un « booster » de croissance, pour que les petits issus de lui soient plus forts que ceux de ses concurrents, et la femelle pour contrer celui-ci des inhibiteurs forts qui feront cesser de grandir le jeune félin au bon moment : c’est la stratégie compétitive. Chez les espèces où la femelle ne s’accouple le plus souvent qu’avec un seul mâle, le mâle n’a pas de réelle compétition, ne transmet pas de booster de croissance, et les inhibiteurs de la femelle sont plus faibles : c’est la stratégie non-compétitive. Cela explique ainsi la petite taille du tigron, croisement tigre x lionne, souvent moins imposant qu’une tigresse, tandis que le ligre, hybride inverse, est lui un géant. Le lion adopte la stratégie compétitive, et le tigre la non-compétitive. Le tigron ne reçoit pas de booster de son père tigre, mais des inhibiteurs forts de sa mère lionne : il est donc petit. Le ligre lui reçoit de puissants boosters de son père lion, qui ne sont pas contrés par sa mère tigre : sa croissance est exponentielle.

« Liger狮虎 » par Camphora — Travail personnel. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Liger%E7%8B%AE%E8%99%8E.jpg#/media/File:Liger%E7%8B%AE%E8%99%8E.jpg

Déjà faibles à la naissance, les hybrides une fois adultes sont des êtres à la santé fragile. Ils souffrent souvent de déformations du squelette causées par leur croissance anormale. Un signe visible frappant chez la plupart des hybrides de grands félins sont les pattes, proportionnellement très courtes. La croissance rapide et très importante du ligre est à l’origine chez lui de nombreux problèmes articulaires. Son crâne montre également des difformités très frappantes : plus étroit que celui d’un lion ou d’un tigre, ce qui laisse moins de place aux dents de fait parfois mal disposées, et doté d’une crête sagittale et de pommettes très développées, saillantes, donnant l’impression que la peau et les muscles sont trop peu développés pour couvrir tous les os de cette énorme tête. Enfin, les hybrides sont plus sensibles aux maladies que les félins d’espèces pures, et semblent également particulièrement sujets aux cancers. Leur longévité, même si comme on l’a vu quelques cas de vieux hybrides sont connus, reste en moyenne bien inférieure à celle de leurs parents.

Ligre, cirque - Tous droits réservés

 

Tiraillés entre deux instincts

 

Autres problèmes fréquents chez les hybrides sont les troubles du comportement. Ces félins héritent au hasard de traits issus de leurs parents, et de grandes différences comportementales peuvent apparaître au sein d’une même portée, selon que le jeune hybride tient plus de son père, de sa mère, ou est à peu près au milieu. Le comportement de petits hybrides peut ainsi être particulièrement troublant et stressant pour leurs mères : une lionne ne va ainsi pas du tout comprendre pourquoi son petit léopon grimpe aux arbres, ou pourquoi son petit tigron voudra se baigner, car les lions n’ont naturellement d’attirance ni pour l’escalade, ni pour l’eau, et la mère lionne subit ainsi uns tress de croire ses bébés en danger, alors qu’ils ont hérité ces comportements de leurs pères ( léopard ou tigre ) et que c’est pour eux normal. Chez les deuxièmes générations, où une femelle hybride est accouplée avec un mâle d’une des deux espèces pures d’origine, les jeunes auront un comportement qui se rapprochera davantage de l’espèce dont ils ont de fait 75% de sang.

« (Panthera leo x Panthera tigris) x Panthera tigris (3) » par Igor123456789 — Travail personnel. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:(Panthera_leo_x_Panthera_tigris)_x_Panthera_tigris_(3).jpg#/media/File:(Panthera_leo_x_Panthera_tigris)_x_Panthera_tigris_(3).jpg

Autre problème, cette fois-ci pas pour les parents de ces hybrides mais pour eux-mêmes : les conflits internes entre deux instincts différents. Les ligres par exemple sont ainsi souvent des animaux confus, tiraillés entre la sociabilité du lion et l’habitude de s’isoler du tigre. La confusion augmente à l’âge adulte chez tous les hybrides en raison des hormones, en particulier chez les mâles, dont la stérilité est causée par des taux hormonaux anormaux qui vont également stresser l’animal et rendre son comportement instable.

Ligre, cirque - Tous droits réservés

Les troubles du comportement sont le plus marqués chez les races de chats hybrides. Ces animaux issus du croisement du chat domestique, habitué à la vie avec l’homme, et de petits félins sauvages eux jamais apprivoisés, qui ne peuvent devenir dociles que par imprégnation, et encore même là rien n’est garanti. Les instincts sont totalement opposés. Alors si vous cherchez un chat câlin, ne vous orientez surtout pas vers un hybride. La majorité de ces chats sont craintifs vis-à-vis de l’homme, hyperactifs, destructeurs, ne connaitront jamais l’usage de la litière, et plus leur pourcentage de sang sauvage est élevé, plus ces comportements sont marqués. Oh oui, ça, ils sont beaux les chats hybrides, avec leur look sauvage ! Mais il ne faut surtout pas oublier que leur tempérament est bien souvent tout aussi sauvage. Choisiriez-vous votre compagnon uniquement sur la base de son physique ? Les races hybrides ( bengal, savannah, chausie, safari… ) constituent aujourd’hui une véritable mode. Leur succès est grand aux Etats-Unis, mais les gens non informés sur les exigences liées au comportement de ces chats sont nombreux, et on constate une très forte augmentation des abandons d’hybrides. Le phénomène commence aujourd’hui à gagner l’Europe…

« Chausie IMG 5463 » par Wilczakrew — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Chausie_IMG_5463.jpg#/media/File:Chausie_IMG_5463.jpg

 

Mais pourquoi élever des hybrides ?

 

Pourquoi élever des hybrides ? Au départ, c’était surtout par curiosité, pour voir ce que cela donnerait, et parfois par accident ( comme les 2 jaglions, jaguar x lionne, nés en 2006 dans un sanctuaire canadien, ou les ocemas, mâle ocelot x femelle puma, du zoo de Guyane ). Certains ont aussi invoqué la science, et l’hybridation une volonté de tester le degré de parenté entre deux espèces. On peut aujourd’hui évaluer celui-ci grâce à la génétique, et il s’avère que deux espèces autant éloignées du point de vue évolutif peuvent produire des hybrides viables dans certains cas ( lion x tigre par exemple, le croisement entre grands félins ayant le plus de succès ), et aucun dans d’autres ( comme tigre x léopard ).

"Ocema2" by Lebrouillard - Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ocema2.JPG#/media/File:Ocema2.JPG

Avec les progrès génétiques, on réalise aujourd’hui l’éloignement évolutif des espèces de félins qu’on utilise dans les hybridations. Les grands félins régulièrement croisés entre eux ( tigre, jaguar, lion, panthère, par ordre de divergence du plus ancien au plus récent ) ont ainsi tous divergé les uns des autres il y a entre 3,9 et 2 millions d’années. Pour faire un parallèle avec l’évolution humaine, le dernier ancêtre commun des grands félins actuels est plus ancien que l’australopithèque. C’est encore pire pour les races de chats hybrides. Le chat des marais ( parent sauvage du chausie ) a la même proximité avec le chat domestique que tigre et lion entre eux. Les autres petits félins sauvages utilisés ont une date de divergence nettement plus éloignée : 6,2 à 8 millions d’années pour le chat léopard ( parent sauvage du bengal ), 8 à 10 millions d’années pour le chat de Geoffroy ( parent sauvage du safari ), ou encore 8,5 à 9 millions d’années pour le serval ( parent sauvage du savannah ). C’est énorme ! A titre de comparaison, les lignées de l’homme et du chimpanzé ont divergé l’une de l’autre il y a environ 7 millions d’années, et de celle de l’orang-outan il y 9 à 10 millions d’années. Un bengal de première génération ( F1 ) est donc, du point de vue de l’éloignement évolutif des deux espèces parentes, équivalent à un croisement homme x chimpanzé, et un savannah ou un safari F1 équivalent à une hybridation homme x orang-outan !

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4e/Savannah_F2_6month_kitten_head.jpg/800px-Savannah_F2_6month_kitten_head.jpg

Après tous ces constats sur la santé fragile, les troubles du comportement, l’éloignement évolutif des espèces parentes…l’hybridation de félins vous paraît-elle toujours acceptable d’un point de vue éthique ? Le fait est qu’aujourd’hui, ces croisements ne sont plus pratiqués par curiosité, ni pour la science, la vigueur hybride n’est qu’un mythe, ils souffrent en réalité de nombreux problèmes, et enfin utiliser des espèces aujourd’hui menacées dans le but de créer des hybrides plutôt que de les employer dans des programmes d’élevage de leur propre espèce est totalement anti-conservation. Alors nous allons répéter la question : pourquoi élever des hybrides ? La réponse est très simple : appât du gain ! Les hybrides attirent par leur étrangeté, leur exotisme. On peut ainsi constater que la majorité des ligres et autres hybrides de grands félins se rencontrent aujourd’hui dans des cirques. Il faut voir aussi quels prix atteignent les chats hybrides ! Le prix minimum d’un savannah avec peu de sang de serval reste de 1500 à 3000 € ( générations F6 et suivantes, chats avec « défauts » destinés à la compagnie et stérilisés. Pour un reproducteur c’est nettement plus cher !) et un F2 peut lui atteindre 12 000 €. Comptez entre 800 et 3000 € pour un bengal selon ses motifs, et là on ne parle même plus de F car le croisement d’origine est loin.

« Bengal - 20150402 22h18 (10049) » par © William Crochot / Wikimedia Commons /. Sous licence CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bengal_-_20150402_22h18_(10049).jpg#/media/File:Bengal_-_20150402_22h18_(10049).jpg

Alors pourquoi des hybrides ? Tout bêtement pour l’argent…

Ligre, cirque - Tous droits réservés

Commentaires (1)

1. Lysiane Sorèze 26/04/2017

Merci pour toutes ces explications. Nous savons que l'appât du gain a toujours existé, qu'il est plus que jamais d'actualité, et pourtant nous demeurons incrédules. J'ai un faible pour les félins en général, c'est pourquoi je me suis occupée du bien-être de nombreux chats, généralement des chats de gouttière. J'étais fascinée par la beauté des chats hybrides et désirais en mon fort intérieur en acquérir à l'avenir. Votre information m'a fait connaître les souffrances engendrées par les hybridations de félins. Je suis horrifiée.

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