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Trafics, braconnage, déforestation : tigre en voie d'extinction

Qui aujourd'hui ignore encore la triste réalité ? Il est malheureusement devenu de notoriété publique que le tigre est en danger. 3200. Seulement 3200. C'est le nombre estimé de tigres survivants encore à l'état sauvage en 2010. 3200 ! Dont près de la moitié en Inde. Aujourd'hui, les tigres sauvages ne sont plus présents que dans 13 pays. En 1900, le tigre peuplait encore une bonne partie de l'Asie, de la mer Caspienne à l'Ouest à l'océan Pacifique à l'Est. On estimait alors leur nombre à plus de 100 000, dont près de 40 000 en Inde. 100 000 il y un siècle, 3200 aujourd'hui . . . Sur les 9 sous-espèces de tigre, 3 sont déjà éteinte, et l'une des 6 restante n'existe sans doute plus dans la nature. Comment a-t-on pu en arriver là ? Le tigre, sans doute un des animaux préférés des humains, félin charismatique par excellence, le plus grand et le plus puissant de sa famille , est en voie d'extinction . . .

Chasse et persécution

Quel fut l'impact de la chasse sur le nombre de tigres sauvages ? Pour s'en rendre compte, un chiffre accablant : en moins d'un siècle, une chasse excessive a réduit le nombre de tigres en Inde de 40 000 à moins de 1800. Tout ça pour la chasse au trophée. Au XIXème siècle et au début du XXème, la chasse au tigre était considérée comme un sport. Tuer un tigre et pouvoir exhiber chez soi la peau du félin tué apportait prestige au chasseur. Il était également considéré comme glorieux de participer à l'élimination de celui qu'on considérait alors comme un mangeur d'homme. De grandes battues étaient organisées par les aristocrates, durant lesquelles le tigre n'avait que peu de chances de s'en sortir.

Cousin méconnu du tigre, le lion d'Asie a faillit disparaître pour la même raison. Autrefois répandu du Proche et Moyen Orient jusqu'en Inde, il a été chassé jusqu'à sa quasi extinction. Lorsque des mesures ont enfin été prises afin de protéger les derniers spécimens sauvages, on ne trouvait plus le lion d'Asie qu'en Inde, et uniquement dans le forêt de Gir. Ils n'étaient plus que 12 ! Triste héritage que ce nombre minuscule. Aujourd'hui près de 400, les derniers lions d'Inde sont extrêmements consanguins. Le lion de l'Atlas, le plus grand des lions, lui aussi chassé à outrance, est quant à lui éteint à l'état sauvage depuis les années 1950.

La mode des fourrures n'améliora pas la situation des tigres. Un trophée de tigre, c'était chic. Un manteau en fourrure de tigre également. Entre 1950 et 1960 seulement, on estime que plus de 3000 tigres ont été tués afin que leurs peaux soient vendues comme trophées. La menace existe toujours aujourd'hui, même si le commerce du tigre est devenu illégal. De trop nombreux félins sont braconnés pour leurs peaux chaque année.Le carnage n'atteint toutefois pas en nombre les massacres d'il y a encore quelques décennies. Les tigres sont devenus tellement rares . . . ce qui a malheureusement fait monter les prix ! Le tigre devient objet de luxe dont on exhibe la fourrure afin de montrer sa richesse . . . pourtant, ces pratiques sont désormais illégales.

La chasse, en dehors de ces contextes, pouvait aussi simplement viser à la réduction du nombre de tigres. On craignait le " mangeur d'homme ". On le considérait ( et c'est malheureusement toujours le cas aujourd'hui dans certains pays ) comme un danger pour les hommes et leur bétail. C'est en Chine et en Russie que la persécution du tigre fut peut être la pire. En 1959, le gouvernement communiste chinois de Mao Zedong déclare le tigre espèce nuisible à l'homme et encourage son éradication dans le pays. Dans les années 1960, à peine plus de 1000 tigres existaient encore en Chine. Le tigre de Chine ( Panthera tigris amoyensis ) est aujourd'hui considéré comme éteint à l'état sauvage, et le dernier tigre sauvage connu dans le pays ( de la sous-espèce indochinoise, Panthera tigris corbetti ) est mort tué par un villageois en 2009.

En Russie, le tigre fut exterminé au nom du progrès économique. Le pays abritait autrefois 2 sous-espèces de tigre : le tigre de Sibérie ( Panthera tigris altaica ) à l'Est et le tigre de la Caspienne ( Panthera tigris virgata, en fait une population de tigres de Sibérie séparée de l'autre, sans doute à cause de la chasse, pendant plus d'un siècle, d'où quelques petites différenciations ) à l'Ouest. Au début du XXème siècle, le tigre de Sibérie fut chassé jusqu'à sa quasi extinction. Heureusement pour la sous-espèce, cette pratique fut interdite en 1947. Malgré le braconnage, les mesures de protection ont profité au tigre de Sibérie, et on en compte aujourd'hui près de 450 à l'état sauvage, alors qu'il n'en restait plus quelques dizaines il y a 60 ans. Le tigre de la Caspienne a eu moins de chance. Chasse intensive et disparition de son habitat au profit des cultures ( où les tigres qui rôdaient encore se faisaient impitoyablement exterminer ) ont eu raison de la sous-espèce. La volonté de progrès économique de l'URSS est à l'origine de l'extinction du tigre de la Caspienne, dans les années 1970.

 

Déforestation et trafics

Le tigre est un super prédateur, situé au sommet de la chaîne alimentaire. Pour survivre, il a besoin d'un vaste territoire. Or, l'aire de répartition du tigre se détruit comme peau de chagrin . . . Et elle se réduit chaque jour un peu plus . . . Le tigre n'occupe plus aujourd'hui que 7% de son aire de répartition originelle !

 

Déjà décimées par la chasse, c'est la déforestation qui porta le coup fatal à deux sous-espèces. Le tigre de Bali ( Panthera tigris balica ), le plus petit de tous, s'est éteint dans les années 1940 et son cousin le tigre de Java ( Panthera tigris sondaica ) dans les années 1980. Ces sous-espèces étaient 2 des 3 à peupler en Indonésie l'archipel dit des îles de la Sonde. Le dernier des tigres des îles de la Sonde est le tigre de Sumatra ( Panthera tigris sumatrae ). Moins de 500 de ces félins existent encore sur l'île de Sumatra. Les plantations de palmier à huile empiètent à une vitesse alarmante sur la forêt des derniers tigres de Sumatra, qui abritent également d'autres espèces rares, comme le rhinocéros de Sumatra ou l'orang-outan. Et le tigre de Sumatra n'est pas seul. Tous les tigres sauvages sont menacés par la disparition de leur habitat.

 

Une autre menace vient bien entendu du braconnage. Plus encore que la fourrure, ce sont aujourd'hui les os du félin que l'on désire. Mais toute la carcasse est utilisé. Un tigre braconné peut rapporter gros, car la demande est forte. La médecine traditionelle asiatique attribue au tigre toutes sortes de vertus. Ses os, ses organes, sont vendus commes des remèdes, dont l'efficacité reste à prouver. Le tigre est un symbole fort en Asie. Dans ces régions, concommer certaines parties du corps du tigre, se parer de sa peau, de ses griffes ou de ses dents, c'est s'attribuer la force du plus grand et puissant des félins. Ces traditions trouvent leur origine dans l'admiration qu'ont les hommes pour le tigre. Malheureusement, cette vénération est pour le tigre à l'origine du massacre.

Il y a un siècle . . .

Aujourd'hui . . .

La même triste scène . . .

En 2010, on ne comptait plus que 3200 tigres sauvages dans toute l'Asie. Dans le même temps, on estime qu'ils sont deux fois plus nombreux en captivité rien qu'aux Etats-Unis. Dans les fermes d'élevage de tigres destinés aux trafics d'organe, en Chine, on estime aussi leur nombre à plus de 5000. 

3200 tigres sauvages . . . Mais des populations dépassant rarement quelques dizaines d'individus. De là émerge une nouvelle menace : la consanguinité. Face au manque de partenaires, les tigres vont s'accoupler entre individus apparentés. La nouvelle génération en portera les stigmates : plus sensible aux maladies, anomalies plus fréquentes. Un signe visible, même si l'animal n'est pas malade, est l'apparition et le maintien de pelages atypiques. Les tigres noirs de Similipal sont ainsi fort probablement touchés par la consanguinité. Et ce ne sont pas les tigres captifs, même si on en relâchait, qui aideraient à résoudre ce porblème. Les spécimens des populations captives sont bien souvent issues d'une poignée de félins capturés dans la nature et sont eux mêmes plus ou moins consanguins, tels les 70 derniers tigres de Chine, tous descendants de seulement 6 individus . . .

Aujourd'hui, le nombre de tigres captifs dépasse donc de loin le nombre de tigres vivant à l'état sauvage. C'est une des pires choses qui puisse arriver à une espèce, un signe extrêmement alarmant de déclin. Qu'est l'homme s'il ne parvient pas à préserver dans la nature le si charismatique tigre ? Parviendrons-nous à sauver les tigres sauvages, ou ne pourrons-nous plus un jour admirer ce félin que derrière les barreaux d'une cage ?

Commentaires (6)

1. Lilas 21/11/2011

Il y a des millions d'animaux qui ont disparus de la Terre, les gens sont cruels ils faudrait arrêter !

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