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Menaces sur les panthères

Au début des années 1990, on estime que la population mondiale de panthères s’élevait à plus de 700 000 individus. En ce début de XXIème siècle, elles seraient désormais seulement 50 000. Le nombre de panthères dans le monde a été divisé par 14 en seulement 20 ans ! Des chiffres plus qu’alarmants. Sans doute la pire baisse en en un si court laps de temps chez les grands félins. Et à ce terrible déclin, un seul responsable : l’homme. Mais comment en est-on arrivé là ?

 

Au cours du XXème siècle, une raison importante du déclin de la panthère fut la chasse pour sa fourrure. On ignore le nombre exact de félins tués pour ce commerce au cours du siècle, mais il se monte certainement à des centaines de milliers d’individus. Rien qu’entre 1960 et 1970, près de 60 000 peaux de panthères ont été transformées en vêtements de luxe chaque année. Tous les ans, des dizaines de milliers de ces félins ont péri juste pour faire des manteaux. Il en restait donc 700 000 en 1990. Mais au vu des chiffres, la population devait être beaucoup plus importante au début du XXème siècle, peut être même plusieurs millions, si en seulement 10 ans ont pouvait en tuer 600 000 . . .

 

Depuis 1975 la panthère protégée au titre de l’annexe 1 de la Cites. Un permis est désormais nécessaire. Des quotas ont été instaurés, et depuis on ne peut plus chasser que 2600 spécimens par an de façon légale, uniquement dans les pays d’Afrique où l’animal reste relativement répandu. Ces permis sont souvent achetés par les chasseurs de trophées. Toutefois, dans certains pays le quota accordé serait encore trop important. Malgré une chasse strictement réglementée, des populations de grands félins continuent de baisser pour cette raison, comme cela a pu par exemple être constaté en Afrique de l’Est. Certains pays ont donc décidé d’agir, comme la Tanzanie, qui songe à revoir ses quotas à la baisse, ou la Zambie, qui a complètement interdite la chasse aux trophées de grands félins sur son territoire depuis janvier 2013.

 

Déjà 2 sous-espèces de panthères sur les 12 existantes ont probablement disparu. Elles ont été chassées jusqu’à l’extinction. Disparue depuis moins de 20 ans, la panthère de Zanzibar ( Panthera pardus adersi ) est ainsi le dernier félin pouvant être ajouté sur la liste des sous-espèces éteintes. Elle vivait uniquement sur l’île de Zanzibar, au large de la Tanzanie. Pourquoi l’a-t-on chassée jusqu’à la faire totalement disparaître ? Par superstition. Les habitants de l’île pensaient que les panthères étaient des bêtes alliées des sorcières, qui pouvaient les envoyer contre eux pour leur faire du mal. La population a rapidement décliné. Plusieurs spécimens ont encore été tués par des villageois en 1996. Une étude menée par des scientifiques à la recherche d’indices de présence de panthères à Zanzibar n’a rien trouvé. Et depuis, rien non plus. La panthère de Zanzibar est probablement éteinte.

 

Avant cela, la première sous-espèce de panthère à s’éteindre avait été la panthère d’Anatolie ( Panthera pardus tulliana ).  Sa disparition est essentiellement dûe à la chasse aux trophées. Le dernier cas confirmé est un spécimen tué en 1974 dans le Sud-Est de la Turquie. L’espoir de la survivance de la panthère d’Anatolie persistait toutefois. A partir de 1993, des traces de présence de panthères sont relevées dans le Nord-Est du pays. La panthère d’Anatolie aurait-elle survécu dans ces régions montagneuses reculées ? 2 animaux sont observés par des villageois en 2001, une empreinte confirmée de panthère recensée en 2002. En 2003, une panthère mâle adulte est photographiée en Géorgie toute proche, et un autre en 2004. Il s’avère toutefois qu’il ne s’agit pas de panthères d’Anatolie mais de panthères de Perse ( Panthera pardus saxicolor ), sous-espèce qui n’a jamais totalement disparu du Caucase, et qui depuis ces montagnes semble reconquérir petit à petit l’ancien territoire de la panthère d’Anatolie. Là où avaient eu lieu les dernières observations de 1974, un félin est tué en 2010 et sa fourrure préservée. Là encore, ils ‘agit en fait d’une panthère de Perse. C’est probablement aussi le cas du jeune spécimen abattu début novembre 2013. La panthère d’Anatolie, elle, est bel et bien éteinte.

 

Plusieurs sous-espèces sont en grave danger de suivre le même chemin. Ainsi la panthère d’Afrique du Nord ( Panthera pardus panthera ) a elle aussi faillit disparaître. En 1995 on l’avait même déclarée éteinte, mais elle a eu plus de chance que d’autres. En 2007, des scientifiques ont retrouvé une petite population. Plusieurs individus ont été observés. Selon les estimations, cette population relique de panthères d’Afriques du Nord compterait toutefois moins de 30 individus, et reste donc en danger critique d’extinction.  

 

Il ne reste que  900 à 1200 panthères de Perse dans la nature, moins de 1000 panthères du Sri Lanka ( Panthera pardus kotiya ), moins de 250 panthères de Java ( Panthera pardus melas ), moins de 200 panthères d’Arabie ( Panthera pardus nimr ), et concernant à la panthère de l’Amour ( Panthera pardus orientalis ), la plus nordique et aussi la plus menacée, il n’y en a même plus une centaine. Il y a quelques années, leur population était même au plus bas, avec seulement de 25 à 32 spécimens recensés à l’état sauvage, quasiment tous en Russie. De grands efforts de conservation ont été menés, avec même l’ouverture d’un nouveau parc national, Land of the Leopard, spécialement dédié à la protection de ces félins dans leur ultime refuge. Les effectifs sont aujourd’hui remontés à une population de 45 à 50 individus. Toutefois, l’apparition de marquages atypiques, comme les pattes blanches, semble montrer une baisse de la diversité génétique de ces félins, qui pourrait à terme causer problème. La panthère de l’Amour n’est pas encore sauvée.

 

Quant aux autres sous-espèces, celles qui peuplent l’Afrique subsaharienne, la Chine et le Sud de l’Asie continentale, on ignore quels sont leurs effectifs réels. Elles se portent mieux que les autres, ont une aire de répartition plus vaste aussi, mais restent menacées. Le braconnage sévit encore : rien qu’en Inde, au moins 4 panthères sont tuées illégalement chaque semaine.  La disparition de l’habitat est également un danger à prendre au sérieux. Privées de leur milieu naturel, des panthères rôdent aux abords des villes, et bien souvent se font tuer, souvent après avoir attaqué des animaux domestiques, ou même parfois des humains, car là elles ne trouvent plus de proies sauvages. Une anecdote montre ce problème : en 1988 à Nairobi, au Kenya, une panthère captive s’est échappée ; elle n’a pas été retrouvée, mais 4 autres félins ont été capturés la même nuit, au cœur de la ville. En Asie du Sud, et en particulier aux abords des grandes villes d’Inde, le nombre d’attaque de ces panthères privées de forêt augmente chaque année.

 

La panthère est un félin robuste, qui a survécu dans des régions comme l’Afrique du Nord, le Caucase ou encore l’île indonésienne de Java,  où d’autres grands félins, le lion et le tigre, ont été chassés par l’homme jusqu’à leur extinction. La panthère est une survivante, mais elle connaît depuis quelques décennies un grave déclin. 2 sous-espèces ont déjà disparu, et si rien n’est fait, d’autres suivront bientôt le même triste chemin . . . 

Commentaires (1)

1. ??' (site web) 07/03/2012

Bien !

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