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Lynx de France

Le lynx boréal est encore aujourd’hui l’un des félins ayant la plus vaste aire de répartition. On le rencontre en effet de la France à l’Ouest jusqu’à la côte Pacifique de la Russie, avec la péninsule du Kamtchatka, à l’Est, et de la Scandinavie et de l’Arctique russe au Nord jusqu’à l’Himalaya au Sud. Mais si dans le Nord et l’Est les populations restent assez importantes et stables, dans l’Ouest de son aire de répartition en revanche, le lynx a souffert. Un pays qui montre bien cette persécution est la France. La chasse au lynx commence à se généraliser en Europe de l’Ouest en XVIème siècle et s’accroit au XVIIIème siècle. Le félin résistera moins longtemps que les autres grands prédateurs européens, l’ours et le loup. Il ira jusqu’à disparaître totalement de certains pays, qui suivent donc le chemin de la Grande-Bretagne, où la chasse avait déjà fait s’éteindre les grands prédateurs ( au cours du XIIIème siècle pour le lynx ). Au début du XXème siècle, on estime qu’il ne restait guère qu’environ 4000 lynx dans toute l’Europe, pour plus de moitié dans les Carpates.  En France, le lynx boréal, autrefois répandu dans tout le pays, ne subsiste plus au début du XIXème siècle que dans les montagnes. Il s’éteint vers 1830 dans les Vosges, 1875 dans le Massif central et 1885 dans le Jura. Il résiste jusque vers 1940 dans les Alpes. En ce qui concerne les Pyrénées, on manque d’informations. Voyons maintenant ce qu’il en est aujourd’hui.

 

 

Dans les Vosges

Après un siècle et demi d’absence, le lynx boréal a fait son grand retour dans les Vosges en 1983, grâce à un projet de réintroduction lancé en 1972. Les premiers félins à fouler le sol français seront relâchés le 3 mai 1983 : un mâle, Boris, et une femelle, Xénie. Ce sera au tour d’Alex quelques mois plus tard. D’autres suivront. Au total, 21 lynx originaires de République Tchèque et de Slovaquie seront relâchés en 10 dans le Sud des Vosges. Parmi les derniers figure le mâle Frenz, rendu à la vie sauvage le 2 juin 1993. Dès le début, le retour du lynx se heurte à l’hostilité des habitants des Vosges et le braconnage fait des victimes. Dès 1984, Boris, l’un des deux premiers lynx relâchés, est retrouvé mort, abattu d’une balle. Elisa, femelle de 3 ans, avait été relâchée le 27 mars 1987. Le 30 octobre de la même année, les scientifiques découvrent son collier émetteur sectionné au couteau et enterré. Le décès d’Elisa constituait un véritable drame, car il a entraîné celui de ses trois petits nés au printemps. Sixty, le père des chatons, avait lui aussi mystérieusement disparu. Au total, entre les lynx morts de façon naturelle, les individus braconnés ( 3 avérés : Boric, Alex et Elisa ), et ceux qui ont disparu sans explication ( probablement braconnés, comme Sixty ), on estime qu’il ne restait en juillet 1993 que 7 ou 8 félins encore en vie sur les 21 relâchés. Malgré tout, cette petite population s’est accrochée. En 2003, on estime qu’elle avait augmenté pour atteindre 30 à 40 individus. Mais le braconnage a repris, et les indices de présence ont rapidement diminué. Depuis 2012 n'est recensé qu'un unique survivant, un mâle nommé Van Gogh. Celui-ci a malheureusement été percuté par une voiture en mars 2014. 30 ans après sa réintroduction, le lynx est de nouveau éteint dans les Vosges.

 

 

Dans le Jura

Le lynx boréal a fait son retour dans le Jura français depuis le versant suisse du massif, ou 20 spécimens ont été relâchés dans le cadre d’un programme de réintroduction entre 1971 et 1976. On constate des incursions de félins du côté français dès 1974. Une véritable population commence à s’établir au début des années 1980. A partir de 1984, on constate des attaques de la part de lynx sur des troupeaux, mais le braconnage reste rare comparé à ce qui a pu se voir dans les Vosges. La cohabitation avec les grands prédateurs n’est pas toujours aisée, mais possible. La présence d’un chien suffit généralement à éloigner le lynx. En 1993, on comptait déjà près de 150 observations dans le Jura, signe d’une bonne présence du félin. Il se répand rapidement dans les années 1990, puis progressivement plus lentement. On compterait aujourd’hui une centaine de lynx dans le Jura, ce qui en fait la plus importante population en France, et la seule véritablement établie, stable.

 

 

Dans les Alpes

On commence à apercevoir de nouveau des lynx dans les Alpes à la même période que dans le Jura. Là aussi, un programme de réintroduction existe en Suisse, et une quinzaine d’individus seront relâchés de 1970 à 1976. Le premier spécimen à être aperçu sur le versant français des Alpes le sera en 1976. La population alpine des lynx français est surtout présente au Nord du massif, dans la région où, de l’autre côté de la frontière, en Suisse, ont eu lieu les relâchés, et en contact avec la population jurassienne. La présence du lynx boréal dans le Sud des Alpes est plus incertaine, même si des témoignages existent. L’expansion de l’espèce vers le Sud continue lentement. On estime qu’il y a aujourd’hui une quarantaine de lynx dans les Alpes françaises.

 

 

Dans le Massif central

Le Massif central est la dernière région en date recolonisé par le lynx boréal en France. Des incursions de félins originaires du Jura ou des Alpes semblent se faire depuis près de 30 ans. On recense une cinquantaine de témoignages entre 1980 et 2011 dans les Ardennes et à peu près autant en Ardèche sur la même période, mais pas d’indices d’un noyau de population stable. La présence du lynx dans le Massif centrale n’est vraiment confirmée que depuis 2010. Au printemps 2010, un félin est observé dans le Rhône, et en avril 2011 un piège-photographique capturent dans la même région l’image d’un lynx, authentifiant donc la présence de l’espèce à cet endroit. La première observation avérée en Ardèche a lieu le 2 avril 2012. Petit à petit, le lynx reconquiert donc le territoire qui fut autrefois sien.

 

 

Dans les Pyrénées

Les informations manquent concernant la présence de l’espèce dans les Pyrénées et les témoignages souvent flous ne permettent pas d’identifier quel animal était réellement là, car il a longtemps existé deux espèces de lynx dans les Pyrénées : le lynx boréal bien sûr, mais aussi le lynx pardelle, plus petit et plus foncé, qui n’existe plus de nos jours qu’en Espagne, mais semble en phase de reconquête du Portugal. La situation reste confuse : pour certains, le lynx n’a jamais totalement disparu des Pyrénées, pour d’autres, il y est aujourd’hui éteint. Les dernières captures, et donc cas avérés, datent respectivement de 1917 pour un lynx boréal, et 1973 pour un lynx pardelle. Officiellement, pour l’ONCFS ( Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ), le lynx boréal se serait éteint dans les Pyrénées au cours des années 1940, et le lynx pardelle aurait résisté un peu plus longtemps, peut être jusque dans les années 1980. Toutefois, même après ces dates, on continue à avoir, même s’ils sont certes rares, des témoignages d’observations de lynx dans les Pyrénées. Il y en a un certain nombre au cours des années 1990, et un des plus récents date même de 2004. Mais aucune preuve concrète n’existe, et les responsables des réseaux loup et ours, très présents dans la région, n’ont relevé aucun indice fiable de la présence de l’espèce. Malgré tout, le doute persiste. Le lynx est méconnu, peu étudié, et sait se faire extrêmement discret. Il est donc possible que de petits noyaux de population subsistent dans certaines régions difficiles d’accès des Pyrénées.

 

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