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Les fourrures, ou la menace de la mode

 Les fourrures, objet de grand débat. Faut-il ou non les interdire ? Est-il possible de trouver des compromis ? Certains parleront de tradition, de possibilité d’élevage et de mode, de la beauté de la fourrure. D’autres répliqueront qu’il existe d’autres matières, dont la fourrure synthétique, par ailleurs plus robuste et qui demande moins d’entretien que la fourrure véritable, et surtout ne nécessite la mort d’aucun animal.

Ce qu’on peut en dire lorsqu’on s’est intéressé aux félins, c’est que la mode des fourrures a parmi eux fait des ravages.

 

 

C’est entre les années 1960 et 1990 que les chiffres étaient sans doute les plus importants, en particulier en ce qui concerne les petits félins tachetés, en particulier sud-américains ( ocelot, margay, oncille et chat de Geoffroy ), principales victimes de ce commerce. Ainsi, dans les années 1960 et 1970, plus de 200 000 peaux d’ocelots étaient vendues chaque année, autant dire que l’espèce a rapidement décliné, et même si elle est aujourd’hui officiellement protégée, le braconnage persiste. Un autre exemple tout aussi alarmant, cette fois en Asie, est celui du chat léopard. Au plus fort du trafic de sa peau, entre 1984 et 1989, plus de 200 000 étaient exportées chaque année. Malgré l’interdiction du commerce de la fourrure du chat léopard dans l’Union Européenne en 1988, il restait nombre de clients, ainsi rien qu’en 1989 le Japon à lui seul importait 50 000 peaux ! Ce sont des centaines de milliers de chats léopards qui ont été chassés en très peu de temps. En 1989 toujours, on estimait le stock de fourrures à 800 000, et il ne reste plus aujourd’hui qu’environ 50 000 chats léopards en Asie : des effectifs divisés par plus de 16 en moins de 30 ans !

 

 

Les grands félins ont eux aussi payé le prix de cette mode ( à l’exception du lion, chassé lui pour d’autres raisons . . . ). La panthère fut la principale victime, sa peau tachetée étant très appréciée. En un demi siècle, les effectifs mondiaux de panthères, pourtant le plus robuste et le plus répandu des grands félins, seraient passés de près de 700 000 à seulement 50 000 aujourd’hui. Et encore, la panthère s’en sort relativement bien, comparée aux autres grands félins.  On ignore combien  il reste de jaguars, mais certainement moins que cela, on estime à moins de 10 000 individus les populations de chacune des 2 espèces de panthère nébuleuse, on ne compte plus que 3500 à 7000 panthères des neiges, et il reste à peine 3000 tigres dans la nature ! Sans compter que malgré le fait qu’ils soient aujourd’hui légalement protégés, ces félins sont toujours braconnés. On constate même une forte recrudescence du braconnage des panthères en Asie. Rien qu’en Inde, on pense que ce sont au moins 4 panthères qui sont tuées par des braconniers chaque semaine, et ces chiffres alarmants augmentent d’année en année. Et aux fourrures, également, pensons qu'ils faut ajouter les os de ces grands félins, très recherchés en médecine traditionnelle chinoise, bien que leur commerce soit illégal. Le braconnage est donc une menace d'autant plus importante pour nos panthères ou tigres.

 

 

Face à cet effrayant déclin des félins sauvages, en particuliers les espèces tachetées ( ocelot, panthère, . . . ), certains vous diront qu’il n’y a aucun problème à se tourner vers des espèces aux effectifs plus importants. Ce sont les lynx qui sont les principaux concernés par cette chasse légale : lynx du Canada et bobcat en Amérique du Nord, lynx boréal en Eurasie ( sauf Ouest de son aire de répartition ). Grâce à un contrôle strict, les populations sauvages restent à peu près stables, toutefois, localement, la chasse a parfois décimé les lynx. Alors, pour réduire l’impact sur les effectifs sauvages, on a créé des élevages d’animaux à fourrure comme les lynx. Malheureusement, les conditions de détention et d’abattage des animaux sont souvent discutables. Un manteau en peau de lynx élevés dans une de ces « fermes à fourrure », cela peut être le résultat de beaucoup de souffrance. Les cages sont petites, pas toujours propres, les animaux développent des comportements stéréotypés, les plus typiques étant ces va et vient nerveux, indices de leur mal être, et ils ne sont pas forcément bien nourris et soignés. Ce qui compte pour les éleveurs, c’est la rentabilité.

 

 

Pour un manteau il faut 12 à 15 chats sauvages, 8 à 15 lynx, au moins 15 margays ou encore 12 à 18 ocelots. Il ne s’agit là que de moyennes, les nombres peuvent parfois être plus importants. N’oublions pas toutes ces morts qui se cachent derrière un vêtement en belle fourrure tachetée.

Et n’oublions pas non plus que la mode des fourrures ne concerne pas que les félins sauvages. Nos chats domestiques sont aussi victimes de ce fléau. Et là, les chiffres sont encore plus importants : pour un seul manteau, on utilise les peaux de 20 à 30 chats ! Les mystérieuses disparitions de chats qui occurrent  dans certaines régions et dont on entend parfois parler sont soupçonnées d’alimenter ce juteux trafic. Des chats errants sont aussi capturés et tués pour leurs fourrures. Et bien entendu, il ne faut pas négliger un marché asiatique florissant. Méfiez vous bien . . .

 

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