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Félins d'Europe menacés

Notre vieille Europe est bien pauvre en félins ! Et pourtant, par le passé le continent fut un paradis pour les félidés . . .

Les premiers félins, Proailurus et Pseudaelurus, sont apparus en Europe. Plusieurs lignées importantes de félins, comme celle du chat sauvage, celle du puma ou encore celle du lion, trouvent leurs sources en Europe. Nombre d'espèces très différentes de félins ont foulé le sol du vieux continent, y compris la plus grande d'entre elles, le lion des cavernes . . .

Et pourtant, l'Europe n'abrite plus aujourd'hui que 3 espèces de félins ! Le chat sauvage, qui peuple Eurasie et Afrique, a une sous-espèce européenne. Le lynx boréal se rencontre dans la majeure partie de l'Eurasie. Le lynx pardelle est la seule espèce de félin endémique à l'Europe. On le rencontre dans la péninsule ibérique. Ces 3 espèces constituent pour l'Europe une richesse indéniable, mais malheureusement en danger.

 

 

Chat sauvage, discret inconnu

On connaît mal le chat sauvage. Pour nombre de gens en Europe, un " chat sauvage " est un chat qui vit dans la nature, et par ce terme on désigne bien souvent les chats domestiques retournés à l'état sauvage, qu'on devrait plutôt qualifier de chats harets. Car s'ils appartiennent bien à la même espèce, Felis silvestris, les chats domestiques ne sont pas de la même sous-espèce que le petit félin bien sauvage de notre vieille Europe. Felis silvestris silvestris, le chat sauvage européen, aussi appelé chat forestier ou chat sylvestre, n'a jamais été apprivoisé. Pour un observateur averti, impossible de le confondre avec un chat domestique. Le chat sauvage européen se distingue de son cousin domestique par sa queue épaisse a l'extrémité arrondie qui se termine par des anneaux complets et un manchon noirs ( le chat domestique a une queue effilée à l'extrémité pointue, les anneaux sont incomplets ), son épais pelage gris à gris-fauves aux rayures floues et à la raie dorsale noire caractérisitique, et le médaillon blanc de son poitrail. Enfin, le chat forestier est plus grand qu'un chat domestique de taille moyenne.

 

 

Le chat sauvage a longtemps été un mal-aimé. Au Moyen-Age et jusqu'à récemment, considéré comme un animal dangereux il était impitoyablement abattu. Une tradition consistait à le naturaliser avec une expression menaçante . . . Aujourd'hui, certains chasseurs continuent encore d'abattre illégalement ce petit félin aujourd'hui protégé. Il peut également lui arriver de tomber dans des pièges ou d'avaler des appats empoisonnés destinés à d'autres animaux, le renard en particulier. On a déjà vu des chats sauvages mourir empoisonnés parce que des rongeurs, leurs principales proies, avaient ingurgité trop de pesticides. Mais la principale menace provient aujourd'hui d'ailleurs, et elle ne menace pas que le chat sauvage européen mais aussi d'autres sous-espèces de chat sauvage. Il s'agit de l'hybridation. En raison de croisements avec des chats domestiques, les souches pures de chat sauvage se font de plus en plus rares. Ainsi, plus de 80% des chats sauvages d'Ecosse sont en réalité des hybrides. Le chat sauvage regagne du terrain en Europe avec la reforestation, et il a été réintroduit en Suisse. Mais ce succès prend une tournure sombre car en s'approchant des hommes, le chat sauvage s'approche de ses cousins domestique. Et l'hybridation menace à terme la survive même de la sous-espèce originelle.

 

 

Lynx boréal, fantôme mal-aimé

Le lynx boréal, ou lynx d'Eurasie ( Lynx lynx ), est le plus grand des lynx et également le plus grand félin d'Europe. Victime comme le loup des supersitions au Moyen-Age et même jusqu'au XXème siècle, il a été, toujours comme le loup, victime de campagnes visant à l'éradiquer en Europe de l'Ouest. A l'Est, il est toujours resté présent. Mais à l'Ouest, il s'est de plus en plus raréfié. Aujourd'hui, son retour provoque nombre de tensions. Revenu naturellement ou réintroduit, le lynx reste un mal-aimé. On le voit peu, mais on sait qu'il est bien là . . . et nombre de personnes n'acceptent pas encore sa présence. Le cas de la France est un bon exemple de ce qui est arrivé au lynx boréal en Europe de l'Ouest et des polémiques qu'il provoque encore aujourd'hui, à l'instar des autres grands prédateurs européens que sont l'ours et le loup.

 

 

En France, victime des hommes, le lynx vers 1830 dans les Vosges, 1875 dans le Massif Central et 1885 dans le Jura. Le dernier spécimen pyrénéen connu est capturé en 1917 et le dernier lynx des Alpes françaises tué en 1928. Un programme de réintroduction de l'espèce dans les Vosges est lancé dans les années 1980. De 1983 à 1993, 21 lynx en provenance de Slovaquie sont relâchés dans le Sud des Vosges. Près de la moitié ne survivront pas longtemps, bien souvent par la faute de l'homme. Ains, le premier mâle relâché a été braconné . . . Mais la dizaine de lynx restant a participé à l'établissement d'une population de lynx dans les Vosges. A la fin des années 1980, le lynx est également de retour dans le Jura. Dans ces montagnes puis dans les Alpes, le retour du lynx se fait naturellement, depuis la Suisse et l'Allemagne. Depuis, le le lynx boréal continue d'étendre son territoire vers l'Ouest. Sa présence dans le Rhône a été confirmée en février 2011. On estime à près de 200 la population actuelle de lynx boréaux en France, mais les observations directes de cet animal très discret sont peu fréquentes. Le retour du lynx suscite la polémique. Les chasseurs le considèrent comme un concurrent. Pourtant, le lynx tue beaucoup moins de chamois que les chasseurs ! Quant aux éleveurs, qui craignent pour leur troupeaux . . . Le lynx est un animal très timide. La présence d'un chien ou d'un berger suffit à la repousser et les attaques de lynx sur les moutons restent rares. Malgré tout, le lynx n'est toujours pas pleinement accepté.

 

 

Lynx pardelle en grand danger

Le lynx pardelle ( Lynx pardinus ) est aussi appelé lynx d'Espagne ou lynx ibérique, car on ne le trouve plus aujourd'hui que dans la péninsule ibérique, et en particulier en Espagne. Les archives fossiles nous montrent que son aire de répartition fut autrefois plus vaste, jusque qu'en France et en Italie. Aujourd'hui, le lynx pardelle détient le triste titre de félin le plus menacé au monde. Si les programmes de conservation échouent, il s'agira de la première espèce de félin à disparaître depuis 10 000 ans. Et ce essentiellement par la faute de l'homme. En 1950, on comptait près de 5000 lynx pardelle dans toute la péninsule ibérique et jusque dans les Pyrénées françaises. Un demi-siècle plus tard, en 2000, on n'en comptait plus que 400. En 2005, les lynx pardelle n'étaient plus que 150 à peine, et l'espèce était éteinte au Portugal, les seules populations subsistantes se trouvant dans le Sud de l'Espagne. Un programme d'élevage, dans le but d'obtenir une population de réserve pour de futures réintroductions, a été lancé en 2003. En 2005 a eu lieu la première naissance, lorsqu'une femelle nommée Saliega donna le jour à 3 petits lynx, et les premières réintroductions ont eu lieu en 2009. 20 lynx cédés au Portugal en 2009 ont permis d'étendre le programme à ce pays. On compte aujourd'hui en tout environ 250 lynx pardelle ( dont seulement 1 sur 5 environ est mature ), mais l'espèce est encore loin d'être sauvée.

 

 

A quoi est dûe la chute dramatique de la population de lynx pardelle durant les dernières décennies ? Une des principales raisons est que des centaines de lynx sont morts de faim. La myxomatose et la pneumonie hémoragique, des maladies infectieuses mortelles, ont en effet réduit de beaucoup les populations du lapin de garenne, proie principale du lynx pardelle qui constitue avec le lièvre près de 93% de son alimentation. Ensuite, l'habitat du lynx disparaît à une vitesse alarmante, grignoté par les villes, les vergers et les champs, où l'animal ne peut pas survivre. Le lynx pardelle est protégé, mais des individus sont encore régulièrement braconnés, empoisonnés, où tombent dans des pièges destinés à d'autres animaux comme le renard. Les routes, également, constituent une menace non négligeable. Des lynx se font régulièrement tuer, heurtés par des véhicules. Seulement 3 populations sauvages subsistent : 2 dans le Sud de l'Espagne, dans les parcs nationaux de Donaña et de la Sierra Morena, et une petite dans la province de Castille-la Manche, dans le centre de l'Espagne. Le programme d'élevage en captivité rencontre lui aussi des difficultés. Il est compliqué d'élever les petits lynx, car ceux-ci adoptent vers 1 mois un comportement agressif les uns envers les autres, allant parfois jusqu'à s'entretuer. Il y a donc obligation de les séparer, les privant ainsi de l'éducation de leur mère. Une maladie rénale chronique a également été détectée chez près de 70% des lynx pardelle, captifs et sauvages, examinés. Fin 2010, déjà 5 spécimens avaient succombé à cette maladie en captivité, dont Garfio, père de la première portée de lynx pardelle née en captivité. Et les 2 seuls petits nés au Portugal sont décédés de cause indéterminé. Quant à l'Union Européenne, elle a contre toute attente décidé le maintien d'une route qui a déjà été fatale à plusieurs des lynx de Donaña.

Triste paradoxe que celui de l'Europe, qui malgré ses gros moyens ne parvient pas à protéger ses espèces menacées . . .

 

Commentaires (2)

1. bluteau (site web) 18/02/2012

Les felin c'est beau

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